> Politique : A propos de la convention UMP, " A mal entendeur, salut "

Publié le par enerli

 

20.10.2011 - Dans son message introductif, mardi, Jean-François Copé avait promis une analyse «sans caricature»: «Il y a une exigence, que demandent tous les jours les Français : c'est de dire la vérité. La vérité sur les faits, les chiffres, et les enjeux.»

 

Les deux heures de cette convention UMP intitulée «Le projet socialiste à la loupe: le grand malentendu» ont pourtant  pris un certain nombre de libertés avec la vérité et la précision, au fil des interventions de deux minutes de ministres et de députés.

 

Exagérant un certain nombre de chiffres, les intervenants ont également enrichi le projet du PS de mesures n'y figurant pas, et attribué au vainqueur de la primaire François Hollande des propositions émanant d'autres candidats...

 

Florilège des plus beaux bobards, dans l'ordre des interventions.



> Samia SOULTANI, secrétaire nationale UMP en charge de l’enseignement technique supérieur, à propos de la proposition de créer 300 000 emplois jeunes) :


« On sait très bien que la grande majorité de ces emplois jeunes, d’avenir, appelons les comme on veut, repartent au chômage...»

 

La droite s’est toujours fait un plaisir de cogner sur les emplois jeunes. Et ce n’est pas dans le cadre d’une convention dédiée à débiner le PS que l’UMP allait se priver. 

 

Problème, cette proposition de créer 300 000 emplois d'avenir a été surtout défendue par Martine Aubry, François Hollande lui ayant préféré ses contrats de génération. Par ailleurs, l’argument utilisé selon lequel les emplois jeunes sont des passeports pour le chômage n'est guère étayé...

 

Selon une étude des services de statistiques du ministère du Travail (Dares) publiée en 2006, les emplois jeunes de l'ère Jospin ont permis à leurs bénéficiaires de s'insérer durablement sur le marché du travail : « Dans le mois qui a suivi la sortie de l’emploi-jeune, 74 % des jeunes occupaient un emploi et 54 % étaient en CDI (y compris sur un poste prolongé). Un an et demi plus tard, 85 % des jeunes travaillaient et 72 % étaient en CDI, y compris sur un poste prolongé (graphique 1). 17,4 % des jeunes étaient au chômage à la sortie du programme et 10,6 % l’étaient dix-huit mois plus tard ».


  

> Nathalie FANFANT, secrétaire nationale de l'UMP en charge de la lutte contre les discriminations :

 

« [Les contrats de génération], c'est une proposition qui coûte en 40 et 50 000 euros par an et par contrat. » 

 

Le chiffrage est inexact. Il résulte d’une division du coût estimé du dispositif (8 milliards) par le nombre de contrats (200 000) que Hollande souhaite mettre en place chaque année. L'opération est mal posée. Car le montant de 8 milliards porte sur le nombre de contrats auquel Hollande souhaite arriver en rythme de croisière  (500 000). Selon le chiffrage du staff du candidat socialiste, le coût annuel de chaque contrat est de l’ordre de 16 000 euros.


 

> Bruno Beschizza, conseiller régional d'Ile-de-France et secrétaire national de l'UMP à l'emploi des forces de sécurité :


« La sécurité était absente pendant les débats, et pourtant, les propositions socialistes existent, elles ont été rédigées, elles ont été éditées sous la forme d'un petit livre rouge qui porte bien sa couleur. Ces propositions, elles ont été cachées par François Hollande... La recette, c'est cette belle police de proximité. Cette fois ci elle n'échouera pas, parce que grâce à la légalisation des stupéfiants, les dealers seront devenus d'aimables commerçants auxquels les policiers rendront des visites de courtoisie. »

 

L’ex-commandant de police se rend coupable d’une double malhonnêteté :

 

Primo, il présente les mesures choc préconisées par Jean-Jacques Urvoas dans un ouvrage récent comme des mesures cachées de François Hollande. Quoique émises par le secrétaire national à la sécurité, ces propositions ne figurent pas dans le projet socialiste.

 

Deuxio, il laisse à penser que le projet socialiste vise à légaliser les stupéfiants. S’il y a effectivement eu un débat sur le sujet lors des primaires, la légalisation du cannabis (et non des stupéfiants en général) était prônée par le seul Jean-Michel Baylet, qui n’engage pas réellement le projet socialiste. Martine Aubry était favorable à la dépénalisation de l’usage pour les petits consommateurs. François Hollande ne s’est à aucun moment prononcé pour cette option. Voilà ce qu'il déclarait lors d'un débat télévisé dans le cadre de la primaire :  « Notre législation est-elle adaptée ? Non. Faudra-t-il en changer ? Oui. Faudra-t-il maintenir l’interdit ? Je l’affirme. Est-ce qu’il faudra envoyer en prison ceux qui fument du cannabis ? Personne ne peut l’imaginer. Il faut les soigner, les accompagner, les punir. L’interdit, cela existe. Il ne faut pas laisser s’installer l’idée que tout est permis ».

 

C’est assez loin d’une légalisation.


 

> Sébastien Huygues, député du Nord :

 

« Le PS veut diminuer le nombre de places de prisons. Ils veulent installer un numérus clausus. Quand on a atteint le nombre, il faut faire sortir un délinquant pour en faire entrer un autre. »


Encore une fois, le projet du PS ne prévoit pas de diminuer le nombre de places de prisons. Même si cela fait longtemps que l’UMP affirme l’inverse. Jean-François Copé s’était déjà fendu d’un communiqué sur le sujet  le 16 mars. Mieux, dans les toujours très folkloriques argumentaires flash (p.4) envoyés par l'UMP à ses militants, on pouvait lire dernièrement que le PS souhaitait s'il revenait au pouvoir supprimer 20 000 places et donc libérer 20000 détenus.

 

Le très sécuritaire député Eric Ciotti a repris cet argument plus récemment. En fait, l’UMP fait référence à un débat tenu le 1er mars, auquel participait Marylise Lebranchu. Selon une dépêche de l’Agence d’informations spécialisées sécurité globale (AISG), l’ancienne garde des Sceaux y avait estimé qu’il « faudrait fixer le nombre maximum de places à 43 000, faire que la privation de liberté soit l’ultime recours, et développer d’autres types de sanctions ».

 

Mais voilà, cette mesure n’est pas reprise telle quelle dans le projet du PS pour 2012. Dans sa plateforme (p.47), le Parti socialiste n’émet aucun objectif chiffré de places de détention. Il se contente de prôner le développement «de sanctions diversifiées» pour éviter que l’emprisonnement soit «la peine ultime […] et non la règle».


Il en va exactement de même pour le numerus clausus. C’est une proposition du député socialiste Dominique Raimbourg (Loire-Atlantique). Elle n’est reprise nulle part dans le projet.


 

> François Baroin, ministre de l'Economie :


« Les allègements Fillon, si on passe de 1,6 à1,4 SMIC, c'est 800 000 emplois derrière qui sont menacés directement, dans la seconde.»

 

Le projet du PS ne prévoit pas de supprimer les allègements Fillon (exonérations de cotisations sur les bas salaires). Dans le cadre du contrat de génération, Hollande a expliqué qu’il faudrait les enlever aux entreprises de plus de 50 salariés. Par ailleurs, Baroin chiffre à 800 000 le nombre d’emplois menacés si l’on décidait d’exonérer les emplois uniquement jusqu’à 1,4 SMIC et non plus 1,6. Outre le fait que Hollande ne propose absolument pas cette restriction des exonérations, le chiffre de 800000 emplois détruits est généralement avancé pour la suppression globale des allègements de cotisations (de 1 à 1,6 Smic).



> Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP


« Nous avons fait quoi ? Nous avons aidé les plus fragiles. C'est le RSA, c'est la réforme des retraites, c'est les 25% d'augmentation du minimum vieillesse, etc. etc. »

 

Si on peut sans problème concéder que le RSA ou l’augmentation du minimum vieillesse ont amélioré le sort des plus démunis, il est difficile d’en dire autant pour la réforme des retraites. En effet, à considérer que les plus fragiles sont ceux qui ont commencé à travailler le plus tôt dans les métiers les plus difficiles... c’est sur certains d’entre eux que reposent les économies réalisés par la réforme des retraites.

 

C’est le cas des salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et qui devront cotiser 44 ans avant de pouvoir partir. De même, le report progressif à 67 ans de l’âge d’obtention du taux plein pénalise les carrières hachées ou les parcours professionnels difficiles.



> Xavier Bertrand, ministre de l'Emploi et de la Santé

 

« Nous avons voté ce texte du service minimum qui dit la chose suivante : le droit de grève est constitutionnel, c'est vrai. Si vous faites grève vous ne travaillez pas. Si vous ne travaillez pas, vous n'êtes pas payés. Voilà ce qu'il y a dans la loi de la république. Cela fait des années que vous le demandiez. C'est la valeur travail.»

 

C’est là une vieille intox de la droite, qui a souvent essayé de faire croire que le non paiement des jours de grève était une des nouveautés de la loi sur le service minimum.

 

C’est tout à fait inexact. Même si le texte de loi, dans son article 9,  réaffirmait - de manière parfaitement inutile-  le principe du non paiement des jours de grève.


 

> Eric Woerth, député de l'Oise

 

«Si on revenait à 60 ans, cela coûterait en cumulé jusqu'à fin 2017, 87 milliards d'euros.»

 

Le PS est assurément flou sur son retour sur la réforme des retraites de novembre 2010. S'il est bien question de rétablir l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans, l’équipe de François Hollande se refuse à avancer un chiffrage, expliquant que la mise à plat de la réforme en 2013, susceptible de modifier l'ensemble des paramètres, rend impossible tout calcul précis pour l'avenir.

 

Mais même en considérant que le PS va se borner à défaire ce que le gouvernement a fait avec sa réforme des retraites de novembre 2010,  le chiffrage avancé par Woerth semble très excessif. En effet, les économies liées aux mesures d’âge (passage de 60 à 62 ans de l’âge légal et de 65 à 67 ans de l’âge du taux plein), qui vont croissantes au fil des années, ont été chiffrées comme suit  par le gouvernement : environ 1,7 milliard en 2011, 9,5 milliards en 2015, et 18,6 milliards en 2018.

 

Les chiffrages pour les années intermédiaires (2012, 2013, 2014 2016 et 2017) n’ont pas été communiqués. Mais même en retenant les hypothèses (forcément trop hautes)  selon lesquelles le gain serait de 9,5 milliards d’euros en 2012, 2013, 2014 puis de 18,6 milliards en 2016 et 2017, on arrive à un montant de 63 milliards d'euros environ.

 

 

> Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités :

 

«130 000 enfants handicapés scolarisés au début du mandat de Nicolas Sarkozy, 210 000 maintenant.»

 

Bachelot exagère un peu en mettant à l’actif du quinquennat Nicolas Sarkozy une partie de l’œuvre accomplie avant son élection. Roselyne Bachelot affirme que depuis 2007 le nombre d’enfants scolarisés « en milieu ordinaire » (c’est-à-dire accueillis dans des établissements scolaires de l’Education nationale et non des centres hospitaliers ou médicosociaux) est passé de 130 000 à 210 000 aujourd’hui.

 

En fait, quand Nicolas Sarkozy a été élu en mai 2007, leur nombre avoisinait les 160000. Le chiffre de 130000 cité par Bachelot correspond au niveau de la rentrée 2004, avant la loi sur le handicap de février 2005 qui oblige l’Etat à mettre en œuvre les moyens financiers et humains «nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés». Et qui ne doit rien à Sarkozy.


 

> Valérie Rosso-Debord, députée UMP de Meurthe-et-Moselle, animatrice de la convention :

 

« Pendant la crise, ce que nous avons essayé de faire, ce que nous avons proposé aux Français, c’est de réduire l’endettement public tout en maintenant le pouvoir d’achat des Français. »

 

La réduction de l’endettement public est resté à l’état de proposition : la dette publique est passée de 2007 à 2010 de 1210 milliards à 1590 milliards, soit de 64,2% du PIB à 82,3%.

 

A la fin du deuxième trimestre 2011, elle s’établit à 1 692,7 milliards soit 86,2 % du PIB, en augmentation de 1,7 point par rapport au trimestre précédent. Si la crise est passée par là, l'aggravation des déficits (et donc de la dette) est aussi une conséquence de la politique du gouvernement, notamment en matière fiscale, comme n'a cessé de le déplorer la Cour des comptes dans ses derniers rapports annuels.

 

Un peu plus tard, la même députée a ajouté, un oeil sur l'écran où s'additionnait le coût des mesures socialistes : « On est déjà à 68 milliards, comme on n’est pas de mauvaise foi, on leur rajoute pas le coût des 50 milliards d’euros de niches fiscales, parce que c’est très flou »...

 

Il est effectivement préférable de ne pas rajouter le coût de 50 milliards de niches fiscales que le PS entend... raboter, voire supprimer, et qui n'ont donc rien à voir avec des dépenses puisque ce sera des recettes.


 

> Thierry Mariani, ministre des Transports :

 

« [Sur les sans papiers, ] n’oubliez pas que les socialistes devront passer des compromis avec madame Joly et monsieur Mélenchon. C’est à dire avec toutes les passerelles de recyclage de l’extrême gauche qui se retrouveront derrière monsieur Hollande. Ça veut dire très clairement, quand on regarde les programmes de ces mouvements, c’est la régularisation systématique des sans papiers qui est réclamée. Nous on ne demande absolument pas les régularisations systématiques, ce que nous faisons c’est au cas par cas. »

 

Là ce ne sont même plus les programmes des battus de la primaire qui sont convoqués mais bien ceux des potentiels alliés de la gauche. Thierry Mariani a dû trouver le programme du PS trop tiède à son goût... puisqu’il ne propose pas de régularisation systématique: « Nous proposerons un processus de régularisation pour les travailleurs étrangers et les parents d’enfants scolarisés sur la base de critères clairs et transparents et s’appliquant à tous de manière égale sur le territoire national. » Une formulation reprise par François Hollande qui a lui aussi évoqué des régularisations en fonction de critères, au cas par cas.



> Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse :

 

« Ce qui est inacceptable, c’est que (l’allocation autonomie pour les étudiants) viendrait à supprimer les bourses attribuées sur critères sociaux. Aujourd’hui, on se trouve dans un système où moi qui travaillais pendant mes études, je me retrouverai pénalisée, je n’aurai pas accès à cette allocation d’autonomie, parce qu’en fait, François Hollande qui était lui fils de médecin, l’aurait eu parce qu’il ne travaillait pas pendant ses études. On se trouve dans la situation paradoxale où les filles et fils de se trouvent aidés, et les enfants de classe modeste, eux qui travaillent pour payer leurs études se verraient exclus parce qu’on tiendrait compte de leur revenu. On ne tient pas compte du revenu des parents mais des revenus de l’étudiant. »

 

Jeannette Bougrab a semble-t-il plus d'informations sur la mesure que le programme du PS, qui ne rentre pas dans le détail, prévoyant de créer : « une allocation d’études pour les jeunes en formation. Regroupant l’ensemble des aides existantes (aides au logement, bourses sur critères sociaux…), elle permettra aux jeunes de réussir leurs études. Elle sera placée sous conditions de ressources. »

 

Mais la philosophie du projet visant justement à en finir avec le salariat étudiant, ainsi que l’explique le Mouvement de jeunes socialistes, on voit mal la logique évoquée par Jeannette Bougrab mise en oeuvre. Dans le projet défendu par le MJS, l’allocation « sera individualisée en fonction des revenus du bénéficiaire qui disposera de sa propre feuille d’impôt dès 18 ans ce qui permettra de déterminer, en fonction de ses ressources, le montant de l’allocation. Elle sera aussi modulée en fonction du lieu d’habitation de chacun que ce soit chez ses parents ou dans le parc locatif. » Sur ce principe, les transferts venant de la famille devraient être intégrés.


 

> Franck Riester, député de Seine-et-Marne :

 

« Ce qui m’énerve c’est que les deux propositions majeures du PS en matière culturelle : augmenter le budget de 50% et supprimer la licence globale, c’est à la fois démagogique et irréaliste. La licence globale, c’est un euro par mois et vous avez accès à toute la culture sur internet. c’est impossible et irréaliste. […] La ligne de François Hollande, c’est indécision est ambiguïté. »

 

Mettons sur le compte de la pression la confusion faite entre licence globale et Hadopi (le PS pourrait difficilement supprimer une licence globale qui n’existe pas). Convenons avec Franck Riester que le candidat Hollande a été plutôt flou sur la suppression d’Hadopi... et ajoutons même qu’il s’est plutôt prononcé contre la licence globale: « Pour la loi Hadopi, il faut remettre l’ouvrage sur le métier et arrêter d’opposer les utilisateurs et les créateurs", disait-il à Libération. "Il faut dépénaliser le téléchargement, mais on ne peut pas s’en tenir à des solutions faciles, comme le fait de payer deux euros par mois pour une licence globale. »

 

Quant à la hausse du budget de la culture, qui était défendue par Martine Aubry, elle n’avait pas été reprise par François Hollande :  « Il faut faire attention de dire la vérité sur l’état de nos comptes publics et je ne tomberai pas dans une espèce d’échelle du perroquet où on va proposer plus », avait-il au contraire réagi.



> Xavier Bertrand, ministre de l'Emploi et de la Santé :


« Nous sommes pour la liberté d’installation. Commencez à y toucher, et vous n’aurez pas le nombre d’étudiants suffisant pour faire médecine. [Supprimer la liberté d’installation des médecins ] c’est une idée particulièrement dangereuse ».


Là encore, l’UMP exagère une position PS et fait mine de ne pas s’être rendu compte que François Hollande avait été désigné. Le programme PS est beaucoup moins directif sur la question:  « Nous mettrons en place une régulation de l’installation des médecins, en demandant notamment aux jeunes médecins d’exercer dans une zone de santé prioritaire pendant les premières années à la sortie des études. Si nous sommes clairs sur l’engagement que nous prenons envers les Français, nous sommes ouverts sur la méthode, que nous définirons en concertation avec les professionnels et les élus locaux. »

 

François Hollande, lui, a plusieurs fois répété qu’il ne croyait pas à l’efficacité de l’obligation d’installation, envisageant plutôt d’ « interdire certaines installations» dans certaines zones.

 

 

> Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône :

 

« La santé, c’est une richesse par ce formidable maillage que nous avons avec l’ensemble des professionnels de santé, médecins, paramédicaux et tous ceux qui travaillent dans le domaine de la santé. Il y en a beaucoup plus que ceux qui se sont déplacés dimanche, entre parenthèse, et ils produisent beaucoup plus de richesses. »

 

Même en admettant l’étrange présupposé de Valérie Boyer qui semble penser qu’aucun professionnel de santé ne s’est déplacé pour voter à la primaire dimanche, le compte n’y est pas. Selon les données 2010 (Irdes, Insee), la France compte un peu plus d’1 million de “ professionnels de santé ” (en comptant les médecins, dentistes, les pharmaciens, les infirmiers, les pédicures...

 

Si on prend l’ensemble du secteur (en ajoutant les aide-soignants...), on arrive à 1,85 million (chiffre 2005). Dimanche, 2,86 millions de personnes sont allées voter à la primaire socialiste.


 

> Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie :


« Le PS propose de fermer les frontières, que deviennent les 1 Français sur 4 qui vivent de l'exportation. [...] Au dernier salon du Bourget, le plus gros contrat qu’a pris Airbus, c’est un contrat de 15 milliards d’euros et c’était avec un Indien. 70% du marché de l’aéronautique, aujourd’hui, il est en Inde. »

    

Le PS favorable à une fermeture des frontières... C’est au moins un très gros raccourci... Non seulement, l’idée de démondialisation a été proposée par le seul Arnaud Montebourg... Mais surtout, elle ne visait en aucun cas à fermer les frontières !

 

Quant à la position de François Hollande, il ne reprend en rien le projet de démondialisation de Montebourg, plaidant pour davantage de règles. « Je suis pour l'économie ouverte, mais pas pour l'économie offerte. On ne va pas se donner là à des concurrents qui ne respectent rien », expliquait-il la semaine dernière, ajoutant : « Je n'ai jamais été pour le protectionnisme mais je suis pour une stratégie offensive.»


Quant au dossier aéronautique, la compagnie low cost indienne IndiGo a effectivement signé en juin une commande ferme très importante pour 150 Airbus A320 Neo et 30 A320, pour un prix catalogue de plus de 15 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros). Mais si le potentiel de croissance indien est réel, en raison d’un boom du trafic intérieur attendu, y placer 70% du marché aéronautique est un peu rapide....

 

Lisons ce qu’écrit Airbus dans sa dernière “ prévisions globales de marché ” (septembre 2011) : « Du point de vue géographique, la région Asie-Pacifique représentera environ 34 pour cent de la demande au cours des 20 prochaines années, suivie de l’Europe (22 pour cent) et de l’Amérique du Nord (22 pour cent). En termes de part du trafic passagers, l’Asie-Pacifique arrivera en tête avec 33 pour cent, suivie de l’Europe (23 pour cent) et de l’Amérique du Nord (20 pour cent). »


Src : Guillaume LAUNAY, Cédric MATHIOT du 20 octobre 2011 © LIBERATION  

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