> Nucléaire : Le japonais TEPCO confronté à une facture de plus en plus lourde

Publié le par enerli

 

L'électricien japonais a dévoilé une perte de plus de 5 milliards d'euros au premier trimestre. Tepco reste incapable d'établir des prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice 2011-2012. Son action a perdu 80 % de sa valeur.

 

Le fardeau s'alourdit un peu plus pour la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco). Ebranlé par les conséquences financières de l'accident de Fukushima, le groupe japonais a dévoilé hier un déficit net de 572 milliards de yens (plus de 5 milliards d'euros) au terme du premier trimestre de son exercice 2011-2012. La compagnie a vu son chiffre d'affaires trimestriel baisser de plus de 7 % sur un an, à 1.133 milliards de yens (10,3 milliards d'euros), du fait de l'arrêt définitif d'au moins quatre des six réacteurs du site de Fukushima Daiichi et la suspension de quatre autres tranches à la centrale de Fukushima Daini.

 

Trois semaine après le début de la tragédie, Tepco avait déjà affiché une perte nette record de quelque 11 milliards d'euros pour l'année budgétaire bouclée fin mars. Soit la pire jamais enregistrée par un groupe non financier au Japon. Mais ce n'était qu'un début.

 

Contraint de relancer ses centrales thermiques afin de compenser la perte de ses capacités de production nucléaires, Tepco a vu ses achats de pétrole et de gaz naturel s'envoler de 29 % au premier trimestre. Surtout, le groupe a enregistré une perte exceptionnelle de 503 milliards de yens (plus de 4,5 milliards d'euros). Sur cette somme, près de 400 milliards de yens seront consacrés au dédommagement des victimes de la plus grande catastrophe nucléaire depuis l'accident de Tchernobyl en 1986. Les premières indemnisations devraient être versées à partir de la fin octobre.

 

Soutien de l'Etat

 

Si la direction n'a pas encore dévoilé ses estimations du coût de ce programme de compensation, Merrill Lynch a calculé que les victimes privées ainsi que les sociétés ou fermes touchées par la catastrophe pourraient réclamer jusqu'à 11.000 milliards de yens (100 milliards d'euros) à l'entreprise dans les prochaines années. Près de 160.000 personnes ont en effet dû quitter leur logement depuis l'accident.

 

Le groupe va bénéficier d'un soutien de l'Etat pour indemniser les victimes de ce désastre. Début août, le gouvernement japonais a annoncé la création d'un fonds d'aide de 2.000 milliards de yens (18 milliards d'euros), ce qui devrait nettement améliorer les chances de survie de l'opérateur japonais.

 

Tepco a également prévu de vendre environ 600 milliards d'actifs, notamment une large partie des 200 milliards de yens de titres qu'il détient dans l'opérateur télécoms KDDI.

 

L'action a perdu 80 %

 

Le dos au mur, Tepco a vu son titre chuter d'environ 80 % depuis le début de la tragédie. Aujourd'hui, le groupe japonais se débat tout autant pour stabiliser la situation dans la centrale (lire ci-dessous) que pour fournir de l'électricité aux résidents de la région de Tokyo. En outre, la compagnie est toujours incapable d'établir des prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice allant d'avril 2011 à mars 2012, en raison des multiples incertitudes entourant la crise de Fukushima.

 

Aujourd'hui, toutes compagnies confondues, seuls 15 des 54 réacteurs japonais en fonctionnement avant le tremblement de terre sont utilisés.

 


Le japon veut moins dépendre de l'atome :

 

 A la suite de Fukushima, le Japon est en train de revoir sa stratégie énergétique, très axée sur l'atome. « Nous sommes en train de reprendre à zéro la politique énergétique du pays », a déclaré le Premier ministre, Naoto Kan, à l'occasion de l'anniversaire du bombardement de Nagasaki, en août 1945. « Je réduirai la dépendance du Japon envers l'énergie nucléaire, avec pour objectif la création d'une société qui ne dépendra pas » de cette énergie, a-t-il affirmé.

 

Le maire de Nagasaki, Tomihisa Taue, a tenu hier un discours voisin : « Peu importe le temps qu'il faudra, il est nécessaire de promouvoir le développement d'énergies renouvelables à la place du nucléaire .

 

Src : Emmanuel GRASLAND du 10 août 2011 © LES ECHOS

 

Publié dans ENERGIE : NUCLEAIRE

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