> Solaire : un enfer pavé de bonnes intentions

Publié le par enerli

Les ventes de panneaux solaires ont reculé de 4 % dans le monde au premier semestre, alors que les capacités de production augmentaient. Résultat : une violente guerre des prix, menée par les industriels chinois.


Les prix ne tombent pas seulement en Bourse. On enregistre une forte baisse dans un secteur bien particulier : l’énergie solaire. Le prix des panneaux solaires a dégringolé de 20% en six mois. A côté des actions de la banque Dexia qui ont perdu 14% jeudi, en un seul jour, ce n’est pas beaucoup. Mais là, on n’est pas en Bourse où on mesure une valeur de papier. On est dans le dur, dans l’industrie à l’ancienne même si la production de panneaux photovoltaïque est toute récente.

 

Cette baisse massive vient d’une véritable guerre des prix pour une raison classique, comme les aiment les économistes : l’offre monte et la demande baisse. Côté offre, de plus en plus d’industriels construisent des usines pour fabriquer ces panneaux. Rien qu’en Chine, il y a près d’une centaine de producteurs prêts à écraser les prix. Il y a donc surcapacité.

 

Côté demande, c’est plus original. L’électricité solaire est ultrasubventionnée, c’est un pari sur l’avenir des gouvernements. Mais ces gouvernements ont de moins en moins d’argent en caisse, et ils veulent aussi lutter contre les abus qu’il y a eu dans le solaire. Pour ça, la solution est simple : ils diminuent la subvention sur l’achat du kilowattheure solaire, et ça fait baisser les achats de panneaux.

 

C’est ce qui a été fait en France, assez maladroitement, mais aussi et surtout en Italie et en Allemagne, qui sont les plus gros acheteurs de photovoltaïque. On a évidemment un peu de mal à l’imaginer vu le climat : l’Allemagne est la championne de l’énergie solaire. La moitié des capacités de production mondiale y est installée.

 

Officiellement, c’est pour la bonne cause, pour réduire les émissions de CO2. Mais ce n’est pas si simple, comme le montre Jean-Marc Jancovici dans son livre « Changer le monde », paru en mai dernier chez Calmann-Lévy. Jancovici est un pur ingénieur, il se passionne pour l’énergie, et il raisonne en quantités physiques. Il explique que l’énergie nécessaire pour fabriquer un panneau photovoltaïque représente déjà trois ans de la production de ce panneau. Comme c’est fait en Chine, l’énergie pour fabriquer le panneau vient en plus du très polluant charbon. Et une fois le panneau installé, quand il n’y a pas de soleil, ce qui arrive assez souvent, la nuit par exemple, il faut une autre énergie qu’on peut démarrer facilement - une centrale à gaz ou à charbon.

 

Conclusion implacable de Jancovici : « En subventionnant le photovoltaïque, la puissance publique subventionne alors une hausse des émissions [de CO2]. (…) Toute personne convaincue que le changement climatique est une priorité devrait décider d’arrêter demain matin les subventions à l’installation de panneaux photovoltaïques dans notre pays pour consacrer l’argent à des actions plus efficaces ».


Ce qui renvoie à un vieux proverbe : l’enfer est pavé de bonnes intentions.

 

Derrière le choix allemand, il y a donc un autre motif, encourager l’industrie nationale. Là, on n’est plus dans le CO2, mais dans la bonne vieille politique industrielle. C’est tout le pari allemand sur les énergies renouvelables. Sauf que... le photovoltaïque profite aujourd’hui aux Chinois. La semaine dernière, l’allemand Q-Cell a annoncé des pertes massives et la délocalisation d’une bonne partie de sa production. Cela ressemble à un échec.

 

Src : Jean-Marc VITTORI du 19/08/2011

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RICE 23/08/2011 21:29



Ce que le JM VITTORI oublie de préciser, c'est que coté subventions, l'énergie nucléaire n'est viable que parce qu'elle est subventionnée depuis l'origine et que le tarif artificiellement bas du
KWh payé par le consommateur français aujourd'hui ne permet ni de mettre à niveau les vieilles centrales nucléaires, ni démanteler celles (bientôt) en fin de vie, et encore moins de stocker de
manière durable des déchets dangereux pendant 10.000 ans !


Quant aux commentaires cités de JM JANCOVICI, chacun sait qu'il est un ardent défenseur de l'atome et qu'il est plus prompt à critiquer les ENR qu'à les promouvoir.