> Solaire : le recyclage est le grand défi du photovoltaïque

Publié le par enerli

Le Centre européen pour le recyclage de l'énergie solaire (Ceres) souhaite devenir le leader de la valorisation des panneaux photovoltaïques en fin de vie. Responsable des affaires publiques du Ceres, Nicolas Defrenne précise la stratégie de l'organisme.

 

Les premières grandes centrales datent du milieu des années 90. Leurs panneaux, dont la durée de vie est estimée à 30 ans, devront donc être renouvelés d'ici quelques années. Association loi 1901 à but non lucratif lancée par Jean-Pierre Palier -ancien dirigeant d'une entreprise d'assemblage de modules basée en Chine - le Ceres entend bien s'imposer comme l'organisateur du recyclage des panneaux photovoltaïques dans l'hexagone et sur le territoire européen. Responsable des affaires publiques du Ceres, Nicolas Defrenne nous éclaire sur cette association qui prépare sa monté en puissance.

 

Comment comptez-vous organiser la collecte et le recyclage ?

 

La première des choses consiste à développer un réseau national de collecte, tout simplement en ajoutant une benne dédiée aux panneaux photovoltaïques dans les déchèteries existantes. Car le véritable problème, c'est le traitement des petites quantités. Ces déchets collectés seront ensuite acheminés vers une ligne de recyclage. Sa localisation n'est pas encore certaine, mais elle devrait être rapidement opérationnelle et capable de traiter, en 2014, 2000 tonnes de panneaux par an, autrement dit l'équivalent d'une puissance de 20 MW.

 

Comment le recyclage s'opère-t-il ?

 

Aujourd'hui, lors du recyclage de panneaux, l'Ethylène vinyl acetate (EVA), utilisé pour coller le silicium, est brulé. Nous travaillons à la mise en place d'un processus moins énergivore et plus propre. Notre recherche porte sur une méthode qui, une fois les panneaux broyés, permet d'utiliser la « chimie verte » pour séparer les différents éléments constitutifs du panneau.

 

Comment s' assurer que les installateurs retireront et collecteront les panneaux installés ?

 

Les installateurs doivent prévoir, dans leurs bilans comptables, les « provisions » nécessaires pour reprendre les panneaux qu'ils ont installés. Evidemment, les choses peuvent se compliquer financièrement pour l'entreprise. Nous mettrons donc en place un fond de garantie, financé par les installateurs et destiné à ces derniers.

 

Quelle-est la différence entre le Ceres et PV cycle ?

 

PV cycle a été créé par et pour l'entreprise allemande Solar World. Le Ceres est indépendant. Et contrairement à PV Cycle, nous ne faisons pas payer les fabricants en fonction du volume. Nous ne demandons que des frais d'adhésion fixes. Car, nous savons que la revente des matières premières issues du recyclage (aluminium, verre, argent, cuivre) financera sans problème notre activité.

 

Le nom de votre association laisse entendre que votre ambition n'est pas simplement nationale.

Une fois le process industriel validé, nous souhaitons proposer une licence qui permettra de déployer notre méthode à travers l'Europe.

 

Pour en savoir plus sur le Ceres

Pour en savoir plus sur PV cycle (en anglais)

 

Le groupe MPO, installé à Averton en Mayenne, actuellement leader français du disque optique et travaillant sur la mise au point de panneaux photovoltaïques au rendement de 20%, fait parti des premiers adhérents du Ceres.

 

Src : Eric LEYSSENS du 30 août 2011 © Le Moniteur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article