> Politique : Pénurie de profs, les mauvais calculs de Luc Chatel

Publié le par enerli

 

20.10.2011 - Revenant sur les propositions de François Hollande en matière d’éducation lors de la convention UMP, Luc Chatel s’est gaussé : "C’est impossible de recruter 60.000 profs supplémentaires en cinq ans".

 

Le ministre de l'Education nationale a ainsi argué que le vivier de jeunes titulaires d’un master universitaire (bac +5) était insuffisant. Ils seraient 40.000 par an à se présenter effectivement aux épreuves des différents concours. Et Luc Chatel d’expliquer : " Nous en prenons 13.000 sur 40.000, M. Hollande veut d’abord mettre fin au 1 sur 2, cela veut dire qu’il ne va pas en recruter 13.000 mais 26.000. Et ensuite, il veut recruter 60.000 profs supplémentaire sur cinq ans, c'est-à-dire 12.000 par an. Donc, il veut en recruter 40.000 par an, c'est-à-dire 100% des candidats ".


D’une part, François Hollande n’a jamais déclaré qu’il voulait à la fois doubler les recrutements actuels ET leur ajouter 12.000 postes supplémentaires chaque année. Il serait donc question d’environ 25.000 ou 26.000 recrutements annuels, ce qui était la norme avant 2007 et non de 40.000 postes.

 

De plus, ils ne concerneraient pas seulement des enseignants mais plus largement des professionnels de l’éducation, des infirmières, des psychologues, etc.

 

D’autre part, et c’est là le plus important, si l’on est aujourd’hui confronté à une pénurie de candidats au métier d'enseignant, c’est en raison de la réforme dite de la " masterisation " mise en place par l’actuel gouvernement, qui a notamment porté le niveau de diplôme exigé pour se présenter à ces concours à bac +5 au lieu de bac +3.


Lors de la session 2008 des concours, avant la réforme, on comptait plus de 100.000 candidats aux concours du professorat. Les trois quarts des lauréats de concours de professeur des écoles n’avaient qu’une licence. Et c’est justement dans le primaire que François Hollande voudrait regonfler les rangs des professeurs en priorité. Ce que préconisent d'ailleurs la Cour des Comptes et l’OCDE.


Recruter 60.000 personnes dans l'Education nationale est donc parfaitement possible : il suffirait, pour commencer, de rouvrir ces métiers aux titulaires d’une licence. Ce qui permettrait par la même occasion de remettre un peu en route l’ascenseur social: la hausse du niveau a surtout découragé les jeunes les plus modestes, qui peinent à financer des études longues.


Src : Véronique RADIER du 20 octobre 2011 © LE NOUVEL OBSERVATEUR

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