> Politique : Combien coûte vraiment le projet socialiste ?

Publié le par enerli

 

 

255 milliards selon l'UMP, 30 milliards selon l'Institut de l'entreprise, 25 milliards selon le PS... Ces trois évaluations du coût du programme socialiste n'obéissent pas à la même logique... ou idéologie. Décryptage.

 

L'UMP a tenté mardi soir dernier de démonter point par point le projet du PS pour 2012. Lors de cette convention, le parti présidentiel s'est livré à une estimation chiffrée des principales propositions du PS, sans "caricature" ni "exagération", selon les dires de son patron, Jean-François Copé.

 

Pendant deux heures, un compteur rappelant celui du Téléthon, destiné à matérialiser le coût des propositions socialistes, n'as cessé de grimper. Pour atteindre la somme astronomique de 255 milliards d'euros. C'est, affirme l'UMP, le montant des dépenses supplémentaires sur cinq ans si François Hollande accédait à l'Elysée en 2012.


"C'est complètement farfelu", comment Karine Berger, la conseillère économique du candidat socialiste.

 

"Ce n'est pas sérieux, c'est outrancier", confie Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.

 

De fait, l'UMP a commis de nombreuses erreurs, par exemple en ignorant les restrictions émises par François Hollande sur l'allocation d'autonomie pour les jeunes (elle sera versée sous conditions de ressources et non pas à tous les jeunes), et n'a pas hésité à exagérer la note, quitte à sortir des chiffres totalement faux. C'est notamment le cas sur les retraites.


L'UMP chiffre à 87 milliards d'euros sur cinq ans le coût d'un retour à la retraite à 60 ans, soit un surcoût de 17,4 milliards par an. Or, selon une étude publiée hier par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), la réforme des retraites de 2010 permettra d'améliorer le solde du régime général d'environ 6 milliards d'euros en 2012. Soit 30 milliards sur cinq ans.

 

On voit mal comment un retour sur cette réforme coûterait trois fois plus cher que les économies qu'elle génère.


Un coût brut de 30 milliards d'euros en ryhtme de croisière


L'institut de l'entreprise a lui aussi sorti sa calculette. Le think tank patronal, qui revendique un "esprit de complète neutralité" dans cet exercice de chiffrage, a pris en compte les principales mesures du projet du PS d'avril 2011, sur lequel se sont engagés l'ensemble des candidats à la primaire (construction de 150 000 logements sociaux, création de 300 000 emplois d'avenir, création d'une allocation d'étude, revalorisation du smic et de l'allocation adulte handicapé, etc.), ainsi que les propositions nouvelles issues des déclarations de François Hollande (200 000 contrats de génération, 60 000 emplois dans l'éducation, extension du RSA aux moins de 25 ans, etc.).


Montant de la facture : entre 25 et 29 milliards d'euros de dépenses en année pleine, hors retour à la retraite à 60 ans. Soit quelque 150 milliards d'euros sur l'ensemble du quinquennat ? Non, car consolider ces dépenses n'a aucun sens. Elles ne vont pas toutes être réalisées la même année et leur coût est progressif, pas cumulatif. "Le coût de chaque mesure est celui du dispositif en année de croisière (le coût annuel maximal atteint pendant la durée du quinquennat, généralement en fin de législature)", précise d'ailleurs l'Institut de l'entreprise. En outre, il s'agit d'un coût brut, c'est-à-dire hors compensation (prélèvements nouveaux, remise en cause de dépenses fiscales, etc.).


Un coût net de 5 milliards par an


" Le coût brut du programme dépend du calendrier qui sera retenu pour la mise en oeuvre de chacune des propositions. A fortiori, établir à partir de ce chiffre un coût cumulé sur 5 ans n'a guère de sens, concernant des mesures qui pour la très grande majorité entraînent des dépenses récurrentes, et pour certaines une montée en puissance progressive (donner un coût pluriannuel n'a de sens que lorsqu'il s'agit de dépenses non récurrentes, comme par exemple les investissements d'avenir) ", explique encore l'Institut de l'entreprise.


" Le PS s'engage à ne créer que 5 milliards d'euros de dépenses nouvelles par an, soit à peine 1,5% du budget total de l'Etat ", explique de son côté Olivier Ferrand, président de Terra Nova, think tank proche du PS. " Donc si l'on veut avoir une vision cumulée, on peut dire que le PS prévoit 25 milliards d'euros de dépenses nouvelles sur l'ensemble du quinquennat ", ajoute-t-il.

 

Un chiffre qui, en apparence, se rapproche des estimations de l'Institut de l'entreprise mais qui ne reflète donc pas du tout le même type de calcul (engagement de dépenses nettes cumulé sur 5 ans contre estimation des dépenses brutes sur la dernière année du quinquennat). Le projet socialiste affirme par ailleurs que ces dépenses nettes seront intégralement financées par la suppression de niches fiscales et sociales, pour un total de 50 milliards d'euros sur cinq ans, soit 10 milliards par an.


Src : Emilie LEVEQUE du 20 octobre 2011 © L'EXPANSION - L'EXPRESS

Publié dans POLITIQUE

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