> Politique : Sans finesse, l'UMP démonte le programme du PS

Publié le par enerli

 

L'UMP a organisé le 18 octobre 2011, une convention riposte après le succès de la primaire socialiste ce week-end. Le but : décortiquer le programme du PS, et dénoncer son coût exorbitant. Quitte à utiliser les grosses ficelles. Une quinzaine de ministres et des dizaines de parlementaires ont participé à la convention riposte de l'UMP. Florilège. 

 

Le chiffre : 255 milliards d'euros

 

Affiché sur un compteur à mi-chemin entre le Téléthon et la Roue de la fortune, ce chiffre, destiné à marquer les esprits, serait selon l'UMP le coût du programme du PS. Mais à y regarder de plus près, ce montant paraît quelque peu exagéré.

 

Par exemple, la majorité chiffre le retour de l'âge légal de la retraite à 60 ans, que propose le PS, à 87 milliards d'euros sur 5 ans. C'est sans doute beaucoup moins. En effet, selon une récente étude de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV), le passage de 60 à 62 ans, acté par la réforme des retraites de 2010, ne permet déconomiser "que" 8,3 milliards d'ici à 2020. On voit mal pourquoi un retour en arrière coûterait dix fois plus.  

 

La mauvaise foi : démonter des mesures qui ne sont pas dans le projet PS

 

Cette convention avait pour but de décortiquer le projet PS et de montrer son coût exorbitant. Pour forcer la note, l'UMP a été jusqu'à examiner des mesures qui n'y figurent pas. Franck Riester, député de Seine-et-Marne, a fortement critiqué l'idée d'augmenter de 50% le budget de la culture. Or, cette proposition, hors programme, avait été formulée par Martine Aubry pendant la campagne de la primaire PS... Et François Hollande l'avait d'ailleurs lui-même critiqué.

 

Autre exemple, Nora Berra, secrétaire d'État chargée de la Santé, sans doute influencée par le premier débat de la primaire où le sujet avait été abordé, a dénoncé la volonté des socialistes de dépénaliser le cannabis. Mais la question ne figure pas dans le projet du PS. Et François Hollande, qui souhaite "maintenir l'interdit", n'a jamais dit explicitement qu'il était favorable à la dépénalisation

 

Le cliché : "Les emplois jeunes, ça ne marche pas"

 

Bien que cette mesure coûte cher, il est faux de dire que ces emplois n'aident pas les jeunes à trouver du travail par la suite. Selon une étude des services de statistiques du ministère du Travail (DARES) publiée en 2006, les "emplois jeunes" ont permis à leurs bénéficiaires de s'insérer durablement sur le marché du travail. Un an et demi après la fin de leur contrat, neuf bénéficiaires sur dix étaient en emploi et sept sur dix en CDI. Les trois-quarts d'entre eux considèrent donc que l'expérience acquise a été un "atout". 


L'indignation forcée : Marie-Anne Montchamp

 

La secrétaire d'Etat chargée des Solidarités et de la Cohésion sociale s'est mise en colère. "J'en ai gros sur le coeur quand Hollande a osé dire que l'enfant handicapé était maltraité dans l'école de la République". Pourtant, le candidat du PS n'est pas le seul à critiquer les conditions d'accueil des enfants handicapés à l'école. Paul Blanc, un sénateur UMP, a récemment rendu un rapport à Nicolas Sarkozy, disponible sur le site de l'Elysée, où il écrit que " l'école peine aujourd'hui à répondre de manière pertinente aux besoins des enfants handicapés." 


L'instant poésie: Marc-Philippe Daubresse

 

Le secrétaire général adjoint de l'UMP s'est fait plaisir en exploitant la sémantique développée par Martine Aubry pour contrer François Hollande pendant la campagne de la primaire. "Comme dit Martine Aubry, s'est-il enflammé, quand c'est flou, il y a un loup. Alors, dans ce programme flou et mou, où il y a des tas de loups et des tas de trous, la France va dans les choux". Quel poète ce Marc-Philippe Daubresse !

 

 

Src : Michel VERON du 18 octobre 2011 © L'EXPRESS

Publié dans POLITIQUE

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