> Nucléaire : Pourquoi il n'y a pas 500 000 emplois menacés chez les industriels énergivores

Publié le par enerli

 

10.11.2011 - Plus techniquement, on les appelle les industriels électro intensifs, ceux dont la compétitivité dépend beaucoup du prix de l'électricité. Enjeu de la campagne présidentielle, la sortie du nucléaire se transforme en une bataille de chiffres autour des emplois menacés chez ces industriels. Décryptage.


Une sortie du nucléaire en France menace-t-elle les emplois d'autres industries ? Oui, sans l'ombre d'un doute, selon Henri Proglio (voir article ci-dessous). Le patron d'EDF a estimé dans une interview au Parisien parue le 9 novembre que 500 000 emplois seraient menacés dans les entreprises électro-intensives, très gourmandes en énergie, actuellement localisées en France.

 

Le risque ? Des délocalisations en série en raison de la hausse du prix de l'électricité engendrée par une sortie du nucléaire et l'apport d'énergies fossiles ou renouvelables censées être plus coûteuses.

 

Selon EDF, ce chiffre serait issu de son département prospectif interne. A quelle échéance ? Avec quel scénario ? Mystère. D'autant que l'Union des industries utilisatrices d'énergie (Uniden), qui représente les principaux concernés, ne s'aventure pas sur le terrain des chiffres.

 

Cependant à regarder les effectifs des grands secteurs industriels (hors transports), dont des pans entiers ne sont pas électro-intensifs, le chiffre de 500 000 emplois menacés semble difficile à atteindre. En voyant large un peu moins de 233 000 emplois seraient concernés avec 171 500 emplois dans la chimie (UIC chiffres 2011), 15 270 dans le papier-carton (Rapport développement durable 2010 de Copacel), 31 500 dans l'acier (FFA, chiffres 2006), 9500 dans le monde (Constellium) et 4892 dans le ciment (Infociments, chiffre 2010) et encore quelques milliers dans la production d'aluminium.

 

Pas de délocalisation pour toutes les productions

 

Certes, le prix de l'électricité est clé pour les électro-intensifs. Mais la question de l'augmentation des tarifs se posera de toute façon, sortie du nucléaire ou pas.

 

Selon une étude récente de l'Union française de l'électricité (UFE), le prix de l'électricité augmenterait de 33% d'ici 2030 même dans un scénario à 70% nucléaire (hausse de 50% pour un scénario 50% de nucléaire).

 

Par ailleurs, toutes les productions des électro-intensifs ne sont pas vraiment délocalisables. Premier exemple, le chlore, dont le principal débouché est le PVC utilisé dans le BTP. Si l'électrolyse, qui permet d'obtenir le chlore à partir du mélange de sel et d'eau, pèse jusqu'à 45 % du coût de revient, la question de la sécurité reste primordiale. Les importations de chlore ne sont pas envisageables : le produit est transformé à l'endroit où il est fabriqué. Si délocalisation il y a, ce sera celle de toute la filière (de la production de chlore aux produits finis).

 

De son côté, le ciment ne se transporte pas par voie terrestre à plus de 200 kilomètres de son lieu de production pour des raisons économiques (très lourd, donc couteux). Et en plus, il se stocke mal. Le ciment est donc voué à rester une production locale à moins que la demande s'effondre, ce qui est nullement lié aux tarifs de l'électricité.

 

Src : Camille CHANDES du 10 novembre 2011 © L'EXPANSION

 

 

 


 

Menace sur un million d'emplois en cas de sortie du nucléaire, selon Henri Proglio


09.11.2011 - Après avoir annoncé le 8 novembre que l’abandon de l’atome en France pourrait coûter cher, le patron d’EDF revient à la charge dans une interview au Parisien le 9 novembre.

 

Selon Henri Proglio, le nombre d’emplois supprimés en cas de sortie du nucléaire en France est estimé à environ un million. Dans le détail, il estime que...

 

> 400 000 emplois seraient alors directement ou indirectement menacés.

> A ce chiffre s’ajouteraient encore 500 000 autres postes dans les entreprises actuellement

   localisées en France et qui utilisent beaucoup l’énergie, comme l’aluminium.

   Ces sociétés pourraient en effet partir à l’étranger, selon Henri Proglio.

> Enfin, le patron juge que 100 000 emplois futurs dans le cadre du développement du nucléaire

   mondial ne seraient pas créés.

 

Le patron d’EDF chiffre à environ 0,5 à 1 point l’impact d’une sortie du nucléaire sur le PIB. Le groupe compte actuellement un parc de 60 centrales nucléaires.

 

Les propos de son patron interviennent au moment où le débat sur la sortie du nucléaire se fait de plus en plus vif en France. Notamment, les négociations entreprises entre le parti socialiste et le parti écologiste EEVL en vue de la présidentielle de 2012 ont été rompues le 8 novembre. Et ce, après que François Hollande annonce qu’il entend poursuivre la construction de l’EPR de Flamanville.

 

Eva Joly, candidate à la présidentielle sous l'étiquette EEVL, dénonce la mauvaise foi et les manipulations du patron d'EDF. Dans une lettre ouverte aux syndicats de l'énergie, elle affirme que "loin de ces caricatures, de ces manipulations, il faut rétablir des faits et engager l'avenir énergétique de notre pays". Elle explique que les salariés du nucléaire peuvent être les premiers à bénéficier de la transition énergétique et des emplois qui doivent en découler.


Src : Barbara LEBLANC du 09 novembre 2011 © L'EXPANSION

Publié dans ENERGIE : NUCLEAIRE

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Edmond 15/11/2011 15:04



L'Usine Nouvelle elle-même démontre que ces chiffres ne correspondent à rien et que non seulement l'emploi des industries électro-intensive n'est pas menacé, mais l'emploi total des branches
industrielles concernées est inférieur aux chiffres cités par les industriels du nucléaire sur la défensive.

Autres chiffre truqué, celui de l'UFE sur le prix de l'électricité photovoltaïque, en annonçant un prix de 180 euros/MWh en 2030.

Des prétendus professionnels qui ne connaissent même pas le prix moyen au dernier trimestre 2011, qui est déjà descendu à 179 euros/MWh.

Prix d'achat en 2011 et ceux prévisibles en 2020 et 2030 :
http://energeia.voila.net/solaire/prix_moyen.htm

Beaucoup de monde devrait remettre ses dossiers à jour, à commencer par de nombreux politiques.