> Nucléaire : ne pas oublier l’ensemble des coûts, en particulier de fonctionnement

Publié le par enerli

L’estimation économique de la production d’électricité d’origine nucléaire, passée ou future, doit prendre en compte l’ensemble des coûts sur une longue période de temps, ce qui est une caractéristique particulière de cette technologie, liée à la question de la gestion à long terme des déchets radioactifs.

 

Il est très important de pouvoir estimer non seulement les coûts d’investissement mais aussi les coûts de fonctionnement sur la durée de vie de la centrale et bien au-delà.

 

Dans le cas de la France, une étude réalisée en 1999 pour le Premier ministre (1) a montré que, sur la durée de vie du programme français de centrales nucléaires (jusqu’à 2000), le coût d’investissement représente 25 % du coût total, le coût d’opération et de maintenance représente 43 % et le coût du combustible 32 % (20 % pour le combustible avant réacteur et 12 % pour le combustible après réacteur), avec de grandes incertitudes sur le coût réel du combustible après réacteur.

 

Les coûts d’investissement


-     La centrale nucléaire elle-même et en particulier le réacteur nucléaire, en fonction du choix d’une

      industrialisation autonome ou de l’importation de la technologie.

-     Les industries du combustible nucléaire, avec la même alternative (enrichissement de l’uranium,

       fabrication des combustible).

-      La gestion et le stockage des combustibles irradiés et, ou des déchets issus du retraitement, avec

       la nécessité dans tous les cas de capacités de stockage.

-      Les équipements de Recherche et Développement.

-      Un investissement souvent oublié : celui des lignes à très haute tension pour le transport de l’électricité à

       partir des centrales nucléaires de très grande puissance (de 1000 à 1500 MWe par unité ; en général

       une centrale comprend deux unités sur un même site).

 

Dans le cas du choix d’un développement autonome, les investissements sont très élevés. Dans le cas où l’essentiel de la technologie nucléaire est importée, le développement dépend d’une technologie et de prix fixés par le vendeur, sans bénéfice pour l’industrie et l’emploi locaux.

 

Les coûts de fonctionnement


-      Combustible nucléaire (uranium naturel, uranium enrichi, éléments combustibles).

-      Opération (2) et maintenance (remplacement des pièces) de la centrale nucléaire ;

-      Gestion des combustibles irradiés et des déchets radioactifs.

-      Déclassement et démantèlement des centrales nucléaires et des usines du combustible nucléaire.

-      Coûts de fonctionnement de la Recherche et Développement.

-      Suivi et contrôle de la sûreté nucléaire des centrales et des usines nucléaires (un très gros travail technique

       et administratif à la charge de l’État).

 

(1) - Étude commandée par Lionel Jospin et réalisée par J.-M. Charpin, Directeur du Commissariat au Plan, B. Dessus, Directeur au CNRS, R. Pellat, Haut Commissaire à l’Energie Atomique, sur « L’évaluation économique de la filière nucléaire ».

(2) - L’effectif du personnel de conduite (500 agents pour une unité de 1 500 MWe) est très supérieur à celui d’une centrale classique.

 

Src : rapport Global Chance n°29 du mois d'avril 2011 

Publié dans ENERGIE : NUCLEAIRE

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