> Nucléaire : L'arrêt du nucléaire allemand pourrait priver la France d'électricité cet hiver

Publié le par enerli

 

Une étude récente met en garde contre le risque "réel" de panne d'électricité cet hiver. Lors des grands pics de consommation la France est souvent contrainte d'importer de l'électricité d'Allemagne, qui décide d'arrêter ces réacteurs.

 

L'arrêt de réacteurs nucléaires allemands représente une "menace réelle" de pannes d'électricité cet hiver en France, avertit le cabinet de conseil Capgemini dans son étude annuelle sur l'énergie en Europe publiée mercredi, "Il existe une menace réelle sur la continuité de la fourniture électrique pendant l'hiver 2011-2012 et les hivers suivants car les pointes de consommation augmentent d'année en année", souligne la société française de services dans son "Observatoire européen des marchés de l'Energie" de 85 pages.

 

Exportatrice d'électricité durant presque toute l'année, la France est néanmoins importatrice lors des grands pics quotidiens l'hiver, notamment autour de 19h00.

 

A cause du chauffage électrique, l'Hexagone est aussi le pays d'Europe dont la consommation augmente le plus par grand froid: pour chaque degré de température extérieure en moins, 2.300 mégawatts de puissance supplémentaire sont nécessaires, soit plus de deux réacteurs nucléaires, selon le transporteur d'électricité RTE.

 

"Les hivers froids, comme ça a été le cas l'hiver dernier, on a importé jusqu'à 8.000 mégawatts, essentiellement d'Allemagne.

 

Or cette énergie ne sera plus disponible", prévient à Colette Lewiner, directrice internationale du secteur de l'énergie chez Capgemini. L'Allemagne sera importatrice nette d'électricité cet hiver en raison de l'arrêt de huit de ses 17 réacteurs décidé au printemps dans la foulée de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon.

 

Possible recours à des contrats d'effacement

 

"Est-ce que pour autant on aura des pannes, ce n'est pas sûr, heureusement. Ca va dépendre du froid, du fonctionnement des réacteurs nucléaires en France, qui s'est beaucoup amélioré, de la disponibilité des moyens de production ailleurs, je pense par exemple que l'Allemagne fera plus tourner ses centrales à charbon", souligne l'experte.

 

Avant d'être contraint à d'éventuelles coupures maîtrisées, RTE peut encore recourir à des contrats d'effacement, qui incitent à ne pas consommer voire à reporter la consommation d'électricité pendant une période, auprès de clients industriels contre rémunération, ou lancer des appels au civisme comme, c'est déjà le cas en Bretagne, une des régions les plus difficiles à alimenter électriquement. "Mais on est dans un contexte qui est plus inquiétant", assure-t-elle, en soulignant que l'Allemagne et la Belgique sont avec la France les plus exposées. RTE, en charge des lignes à haute tension, doit présenter son propre état des lieux sur cette question avant le 10 novembre, a-t-on appris auprès de la filiale d'EDF. Une étude au niveau européen de l'Association européenne des gestionnaires de réseaux (Entso-E) sera également présentée fin novembre.

 


 

 

Malgré Fukushima, la majorité des projets nucléaires aboutiront

 

La grande majorité des projets nucléaires prévus avant Fukushima iront à terme, presque toutes les centrales existantes resteront en activité et l'essentiel des réacteurs en construction seront achevés, estime Capgemini dans son étude. Selon eux l'énergie nucléaire continuera à se développer, tirée par les pays émergents comme la Chine, l'Inde et la Russie.

 

Après la phase de tests de sûreté lancés dans de nombreux pays, "il semble probable que la grande majorité des 440 réacteurs en activité sera autorisée à continuer à fonctionner". La "grande majorité" des 62 réacteurs en construction (dont 28 en Chine, 5 en Inde, 5 en Corée du Sud et 10 en Russie) sera achevée car ces pays "sont confrontés à d'importants besoins en énergie", pense également le cabinet.

 

Enfin, concernant les 496 réacteurs prévus ou proposés avant Fukushima, Capgemini juge "trop pessimiste" de diviser par deux les prévisions de constructions finales, comme l'avait fait l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) après la catastrophe japonaise.

 

Src : AFP - publié le 26/10/2011 © L'EXPANSION

Publié dans ENERGIE : NUCLEAIRE

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