> Nucléaire : un bras de fer dans de la purée de pois

Publié le par enerli

 

Le bras de fer entre François Hollande et les Verts est largement incompréhensible. Certes  Hollande peut se féliciter d’être conséquent  avec lui-même. Contrairement à Martine Aubry, il n’a jamais affirmé lors des primaires  qu’il se situait dans une perspective de sortie du nucléaire.  Suite à Fukushima, Hollande avait seulement  fait  une concession, d’ailleurs de taille, qui consistait  à faire  baisser la part de l’atome dans la production électrique de 75% à 50% et ensuite de voir à voir.  

 

En langage technocratique, ça s’appelle une  «  diversification énergétique » qui ne touche pas à  la prééminence du nucléaire auquel Hollande croit manifestement dur comme fer. Il est par conséquent logique qu’il préserve les intérêts d’Edf et d’Areva en maintenant la construction de l’EPR de Flamanville considéré par la filière comme vitale pour demeurer un acteur industriel mondial. Et pour préparer  l’hypothétique quatrième génération dite à fusion. 

 

Reste que les calculs et les certitudes  de Hollande sont essentiellement indexés sur les informations produites par EDF et Areva. Lui-même reconnaissait lors des primaires qu’on en saurait plus en janvier lorsque la Cour des Comptes remettrait le rapport très attendu sur le coût du nucléaire. L’agenda politique ne lui a pas permis d’attendre. Du coup, Hollande a pris un risque sérieux.

 

Car si les français peuvent être sensibles à l’idée que le maintien du nucléaire, c’est, malgré les risques,  l’assurance d’un tarif électrique à très bas prix, le réveil pourrait se révéler  douloureux.

 

Du fait des nouvelles normes de sécurité suite à Fukushima et de la mise en service de Flamanville, les énergéticiens estiment que le prix de l’électricité d’origine nucléaire devrait doubler ou tripler. Il serait étonnant que les magistrats du Palais Cambon ne fassent  pas le même constat et ne s’interrogent pas sur les coûts du démantèlement non provisionné des centrales que Hollande se propose d’arrêter. 

 

La vérité, c’est que Hollande avance dans de la purée de poix  sur ce dossier comme toute la classe politique française depuis  des décennies. Et que les  arbitrages électoraux d’urgence tiennent d’avantage du poids relatif des clientèles politiques et de leurs nuisances éventuelles sur le court terme...

 

Combien pèsent les verts génétiquement anti-nucléaires face à la CGT farouchement pro nucléaire ou au réseau CEA dans la haute fonction publique ?  

 

Côté Verts, le bilan de la manoeuvre n'est guère réjouissant. En réduisant le bras de fer avec son allié PS à un « oui » ou «  non » à Flamanville, Eva Joly et Cécile Duflot offrent en effet  à l’opinion une vision très seventies de leur programme.

 

D’autres sujets valaient la peine d’être mis dans la boucle :

 

> quel effort sur la réduction de la consommation d’énergie qui est la clé de voute de toute nouvelle

   politique énergétique ?

> Quel budget engager sur la performance thermique des bâtiments privés et publics ?

> Quelle politique de recherche pour la constitution d’une pole énergie renouvelable à haute valeur ajoutée

   et avec des brevets français ?

> Quelle stratégie  pour l’agriculture et les transports qui sont les principaux consommateurs d’un

   pétrole en voie de raréfaction ? 

 

De tout cela, on en a pas entendu parler une seconde !

 

A vrai dire, c’est toute la stratégie d’ Europe Ecologie les Verts qui est aujourd’hui sur la sellette.  En choisissant Eva Joly, l’écologie politique française habillait ses arrangements d’appareil avec le PS sous un look radical. L’espoir était d’arracher    une quinzaine de sièges à l’Assemblée Nationale. Surtout si Eva Joly sortait de la course pour appeler à voter Hollande dés le premier tour au nom de l’unité des forces progressistes. Cette construction, sauf accord de dernière heure, semble bien ébranlée.

 

Reste la radicalité et l’espoir de faire un petit mieux que les 1,57% de voix de Dominique Voynet en 2007 (...).

 

Src : Guillaume MALAURIE du 14 novembre 2011 © PLANETE ENVIRONNEMENT

Publié dans ENERGIE : NUCLEAIRE

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