> Nucléaire : Et si la dernière centrale nucléaire française fermait en 2033?

Publié le par enerli

L'association d'ingénieurs en énergie négaWatt affirme que la France peut entièrement sortir du nucléaire en un peu plus de 20 ans. Et assure qu'à l'horizon 2050, 90% des besoins énergétiques seraient comblés par les renouvelables.

 

La France peut sortir entièrement du nucléaire, sans forcément passer par la bougie. L'association négaWatt veut en tout cas y croire. Ce collectif d'ingénieurs en énergie publie ce jeudi une étude dans laquelle il défend la possibilité d'un abandon du parc nucléaire français, à l'horizon 2033.

 

L'association se défend de toute "idéologie anti-nucléaire" mais "constate que le nucléaire a toute une série de faiblesses extrêmement graves qui n'ont pas été résolues", au premier rang desquelles les déchets. NégaWatt pense d'ailleurs possible de fermer la dernière centrale dès 2033. Elle s'appuie sur la montée en puissance envisageable des renouvelables (biomasse, vent, soleil, eau), la demande des ménages, et le vieillissement des réacteurs nucléaires qu'il faudrait, selon elle, fermer avant leur 40e anniversaire.

 

Plus largement, l'étude montre comment les énergies renouvelables peuvent progressivement subvenir aux besoins des Français, tout en se passant du nucléaire. NégaWatt met en avant un scénario "alternatif", qui montre comment "sobriété" énergétique et recours massif aux renouvelables peuvent répondre quasi-entièrement aux besoins en énergie des Français d'ici 2050.

 

"On a des limites physiques devant nous : l'effet de serre, la fin du pétrole facile, le risque nucléaire. Il ne faut désormais plus s'affranchir de ces limites, sinon on reste sur des choix économiques à court terme", expose Thierry Salomon, président de négaWatt, qui a détaillé son scénario 2011-2050 jeudi à Paris.

 

Améliorer le rendement des systèmes de production

 

"Le plus grand gisement d'énergie n'est pas là où on le pense, le pétrole, l'uranium, etc., il est tout autour de nous, dans le potentiel dans la réduction de la consommation d'énergie", souligne Thierry Salomon. Eteindre les ordinateurs quand les salariés ne sont pas là, réduire la climatisation la nuit, réduire la vitesse sur les routes: des mesures anodines de "sobriété" développées à grande échelle permettraient, estime-t-il, de réduire de 15% les consommations d'énergie par rapport à un "scénario tendanciel" reposant sur nos standards actuels de consommation.

 

D'autres des mesures avancées, dites, d'"efficacité", visent à développer des solutions techniques améliorant les rendements des systèmes de production des entreprises. Elles permettraient, elles, d'économiser 45% d'énergie supplémentaire. De telles économies nécessiteraient des mesures fortes d'incitation, et d'abord dans le secteur clé du bâtiment (actuellement 40% de la consommation.)

 

NégaWatt incite par exemple le gouvernement à pousser ménages et entreprises à isoler les bâtiments, remplacer les équipements électroménagers afin de les rendre plus sobres ou encore supprimer les utilisations énergétiques inutiles.

 

L'association soutient qu'il est possible, en matière de chauffage par exemple, de remplacer les radiateurs électriques, les chaudières au fioul ou au gaz butane par des installations fonctionnant au bois, des pompes à chaleur électriques ou des réseaux de gaz plus efficaces.

 

En 2050, 90% des besoins énergétiques pourraient provenir des renouvelables

 

En conséquence, calcule l'association, en 2050, il faudrait "environ 2,2 fois moins d'énergie que dans un scénario tendanciel pour satisfaire les besoins de la société française", ce qui autoriserait alors "une bascule presque totale vers les énergies renouvelables". À cette date, les renouvelables fourniraient alors 90% de l'énergie nécessaire aux Français, réduisant les énergies fossiles à environ 10%.

 

Mais l'étude de l'association n'est pas sans reproche. En effet, le coût de cette "transition" n'est absolument pas chiffré. Pour le collectif, la question à se poser "ce n'est pas combien coûte le scénario négaWatt, mais la comparaison entre ce dernier et le scénario sans rien faire..."

 

L'enquête intervient alors que le gouvernement vient de nommer une commission d'experts chargée d'évaluer les scénarios énergétiques possibles en France d'ici 2050, dont ceux tablant sur une sortie progressive du nucléaire.

 

NégaWatt, association rassemblant depuis 2001 des ingénieurs et spécialistes de l'énergie, a précisé ne pas avoir été contactée pour présenter son scénario à ces experts mais "le fera si on le lui demande", selon son président "

 

Src : Nigel RODDIS - REUTERS du 30 septembre © L’EXPANSION

Publié dans ENERGIE : NUCLEAIRE

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