> Eolien : le rapport de forces a basculé en faveur de l’acheteur

Publié le par enerli

5M ThorntonBankUne étude américaine souligne la bonne santé structurelle du marché éolien. Toutefois, si les ventes sont appelés à doubler d’ici à 2025 en valeur, la marge financière des fabricants de turbines va se réduire. La compétition s'annonce féroce avec l’Asie. Une réalité à laquelle n'échappe pas non plus le secteur solaire.

 

Le constat émane du cabinet d’études américain IHS, et se targue d’être le plus approfondi sur le secteur éolien. Selon son rapport rendu public le 17 août dernier, et relayé par le site Green Univers, la puissance mondiale installée devrait passer de 188 GW en 2010 à 940 GW en 2025.

 

Malgré la chute abrupte de la demande actuelle et même si les investissements réalisés en 2011 seront inférieurs au niveau historique de 2008, le secteur est engagé dans une tendance long terme encourageante. L’éolien va voir son marché doubler entre 2010 et 2025,  de 21milliards à 47 milliards d'euros. Le marché avait atteint un pic à 34 milliards de dollars en 2008, selon IHS, qui prévoit un retour à ce niveau seulement en 2012.

 

Des perspectives en accord avec les prévisions de l'European wind energy association (EWEA). En 2020, l’association estime "tout à fait réalisable" que 15,7% de la consommation électrique européenne vienne de l'éolien. A condition de  se doter d'une capacité de production de 230 GW (190 GW sur terre et 40 GW offshore). Et d’investir annuellement 26,6 milliards d'euros, précise l'association.

 

Un coût de 0,6 M€ le MW


Quant à 2011, la capacité éolienne installée doit bondir de 16%, alors que l'augmentation du marché en valeur est attendue à 14%, indique IHS. Le prix moyen du MW (turbine + mât) devrait rester inférieur à 0,6 M€ en 2011, selon l'étude.

 

Des prix qui pèsent sur les industriels, même s'ils continuent d’engranger des commandes. Le 8 août dernier par exemple,  GDF Suez et International Power ont décroché des contrats pour l’installation de trois parcs éoliens au Canada, soit un montant de 600 millions d’euros.

 

Mais la pression compétitive de leurs homologues asiatiques et la moindre demande actuelle donnent du fil à retordre aux fabricants européens de turbines. "La récession qui a frappé le marché en 2009 a bouleversé les rapports de forces dans l'industrie, du vendeur vers l'acheteur, et cela restera ainsi", juge dans un communiqué Marc Mühlenbach, analyste chez IHS.

 

Par ailleurs, le secteur est animé par la course technologique autour des turbines de forte puissance.

 

Le solaire également sous pression asiatique


Dans le solaire aussi, les industriels asiatiques mettent les européens en joue. Les ventes de panneaux solaires ont reculé de 4 % dans le monde au premier semestre, alors que les capacités de production augmentaient. Résultat : une violente guerre des prix, menée par les industriels chinois, note l’éditorial de Jean-Marc Vittori dans les Echos.

 

Alors que la France a publié le cahier des charges du premier appel d'offres, le 2 août dernier, la Chine met elle aussi pour la première fois en place un cadre clair prévoyant des subventions, avec pour objectif d’encourager la croissance de son secteur photovoltaïque.  Depuis le 8 août, les industriels de l’énergie solaire en Chine doivent se référer à une nouvelle grille.

 

La Commission nationale pour le développement et la réforme (CNDR) estime que les opérateurs du réseau électrique devront désormais payer les producteurs d’énergie solaire 0,18 dollars par kWh. Reste que les industriels disent regretter qu’aucune date ne soit garantie quant à la durée de ces tarifs de rachat.

 

Src : Ana Lutzky le 23 août 2011 © L'Usine Nouvelle

Publié dans ENR : EOLIEN ONSHORE

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