> ENR : LA FILIERE SOLAIRE DANS LE CREUX DE LA VAGUE

Publié le par enerli

 

24.10.2013 - Le climat est de plus en plus sévère pour l'industrie solaire en France. Sur les douze derniers mois, seulement 413 MW (MW) ont été raccordés au réseau, selon les chiffres publiés jeudi par l'Observatoire de l'énergie solaire photovoltaïque. Il s'agit d'un plus bas historique depuis 2009.

 

Alors que les pouvoirs publics considèrent un seuil annuel de 1000 mégawatts (MW) comme une bonne base de départ, le cap des 600 MW ne devrait pas être franchi en 2013, selon France Territoire solaire, le think tank qui édite l'Observatoire. Cette décélération a un fort impact sur l'emploi : les effectifs de la filière solaire s'élèvent aujourd'hui à environ 8000 personnes, contre 28.000 à la fin des années 2000.


« Une autre conséquence de la faiblesse du marché et surtout du manque de visibilité de la politique solaire de la France est d'empêcher tout développement industriel en France », explique Daniel Bour. L'usine Bosch de Vénissieux (Rhône), un site ultramoderne de production de panneaux photovoltaïques français, est ainsi menacée de perdre 150 emplois. Pourtant, plusieurs acteurs de la filière se sont regroupés autour du groupe industriel français Sillia pour constituer une offre de reprise de l'usine, sous réserve toutefois d'une visibilité à 3 ans de la politique solaire.


« Belle occasion… mais les pouvoirs publics ne semblent pas prêts à la saisir avant le débat parlementaire sur les ENR en 2014 » poursuit Daniel Bour.

 

« Nos énergies renouvelables sont de moins en moins subventionnées »


Les prochains trimestres devraient toutefois être un peu plus encourageants pour le secteur, avec la mise en service progressive des centrales lauréates des appels d'offres lancées par la Commission de la régulation de l'électricité depuis 2011. En tout, cela représente quelque 570 MW. Mais selon Daniel Bour, « le problème des appels d'offres est que par définition personne ne connaît par avance le volume qu'il obtiendra et que cela engendre une précarité pour tout le secteur. Les sociétés candidates ne peuvent ainsi s'engager vis-à-vis des partenaires industriels ».


Comme tous les autres acteurs du renouvelable,  Daniel Bour a été témoin de l'offensive de dix géants européens de l'énergie, qui stigmatisent la politique énergétique en Europe. Selon eux, l’Europe soutient excessivement le développement des énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles. L'essor du renouvelable serait responsable de la fermeture des centrales électriques à cycle combiné gaz. « Cette thèse est surprenante : le vert pèse très peu dans le mix énergétique global (à l'exception de l'Allemagne) et nos énergies renouvelables sont de moins en moins subventionnées. Le lobby des gaziers en viendrait presque à nous faire croire que les énergies fossiles produisent moins de CO2 que les énergies renouvelables…»


Pour Daniel Bour, c'est la concurrence du charbon et surtout la cherté des contrats d'approvisionnement à long terme qui expliquent les difficultés des groupes gaziers. « La France et l'Europe dans une moindre mesure, commettraient une grave erreur de vouloir limiter la filière des renouvelables : partout ailleurs dans le monde et notamment en Chine, son développement est considérable. Il serait regrettable que nos entreprises ratent le train alors que le savoir-faire vient de chez nous ». La géographie de l'énergie n'a pas fini de faire débat.


Src : Frédéric DE MONICAULT du 24/10/2013 © LE FIGARO

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Julien 17/12/2013 12:15


Bonjour,


Un nouveau PSE vient d'être annoncé faisant état d'une suppression de 68 postes.


Quand on pense que M. LE Président veut renverser la courbe du chômage....


http://www.lefigaro.fr/societes/2013/12/17/20005-20131217ARTFIG00293-photovoltaique-solairedirect-bascule-vers-l-international.php


Où va-t-on?


Cordialement,


Julien.

Edmond 03/11/2013 16:42


Quel contraste avec nos voisins germanique pour lesquels une politique énergétique coordonnée entre les institutions et le secteur des énergies renouvelables permet de développer le
photovoltaïque.

Cela n'empêche pas un diminution graduelle des tarifs d'achat.

Aujourd'hui, la production d'une centrale solaire coûte moins cher que celle, encore hypothétique, d'un nouveau réacteur nucléaire en Angleterre.

http://energeia.voila.net/electri2/nucle_gb_solaire_de.htm

"Au début 2014, le coût de l'électricité solaire en Allemagne est déjà moins élevé que celui de l'électricité nucléaire de l'EPR en projet en Grande-Bretagne, dont la mise en service aurait lieu
en 2023 (sauf retard habituel)."

enerli 21/11/2013 13:34



Merci pour votre commentaire qui illustre parfaitement comment nous sommes passés du Grenelle de l'Environnement 1, puis 2, puis le Débat Nationale pour la Transition Energétique... pour au final
enterrer toute forme d'énergie renouvelable citoyenne (mais tout en préservant les ENR des grands groupes financiers....). Copains/coquins dites-vous ?