> ECONOMIE : UN AVENIR NOVATEUR POUR L'EX-USINE SANDEFO DE NIORT (79)

Publié le par enerli

 

2013.01.28 - Et si on réparait nos objets plutôt que de les jeter? Sur cette idée, la communauté d’agglomération de Niort va redonner vie au site industriel fermé en 2007.

Le meilleur déchet, c'est celui qui n'existe pas. La formule est signée Cyril Baumard, adjoint au directeur de la régie des déchets ménagers à la communauté d'agglomération. Elle résume bien la philosophie d'un projet novateur qui va faire renaître l'ancienne usine de confection Sandefo, sur la zone industrielle de Saint-Liguaire. Six ans après qu'elle a fermé ses portes en juillet 2007.

Longtemps, aux grandes heures des Trente Glorieuses, on a jeté ses déchets sans se poser de question sur ce qu'ils devenaient. Puis, on a continué à les jeter, mais en les triant parce qu'on nous a appris qu'ils pouvaient être recyclés. Nouvelle étape: on ne va plus les jeter, parce qu'ils pourront être réparés et revendus. C'est à cela que servira l'ancienne usine, métamorphosée en « ressourcerie ».

Acteurs historiques

A l'angle de la rue Henri-Sellier et de la rue Blaise-Pascal, à la lisière entre la zone industrielle et le quartier du Clou-Bouchet, le site a été racheté par la CAN. Deux hectares, dont 6.000 m2 couverts. Sur ce projet, la communauté d'agglomération travaille avec les acteurs historiques que sont Emmaüs et Trio. Trio, émanation d'Emmaüs, gère 2.700 tonnes de textiles usagés à l'année. Ce sont les deux locomotives de la future ressourcerie. Un troisième partenaire s'y est associé: l'entreprise All'Occasion, aujourd'hui installée à Bessines.

« Il n'est pas question de faire du site une déchetterie », précise Christian Rigondaud, directeur de cabinet de la CAN. Pas question donc qu'on vienne ici benner son vieux tas de ferraille. On n'y collectera que du « réparable ». Qui une fois réparé sera revendu sur place dans des boutiques.

Réparateur de vélo

Chacun aura la sienne. Des vêtements pour Trio, de vieux meubles, des bibelots et des livres pour Emmaüs, du gros électroménager – du frigo au sèche-linge – pour All'Occasions. Par ailleurs, des « ateliers du réemploi » seront construits. On peut, par exemple, imaginer que s'y installera un réparateur de vélo.
Un projet au carrefour de l'écologie, de l'économique et de la lutte contre le chômage
: les entreprises devront pour pouvoir travailler sur le site faire de l'insertion professionnelle.

 "S'interroger sur ses pratiques de consommateur"

A l'ère du tout jetable, un tel projet annonce un tournant: « L'idée qu'on puisse acheter du réparable, cela implique de s'interroger sur ses pratiques de consommateur », note Cyril Baumard. Début 2014, Trio et All'Occasion s'installeront dans l'ancienne usine. Ce sera au tour d'Emmaüs en 2015.

Src : Yves REVERT du 28/01/2013 © NOUVELLE REPUBLIQUE

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