> Ecologie : Réchauffement climatique et emissions de CO2

Publié le par enerli

 

C'est le seul secteur contraint aujourd'hui de limiter ses émissions en Europe, alors que le bâtiment et les transports sont plus polluants.

 

Les cimenteries, aciéries, verreries, papeteries, raffineries... Ces industries très polluantes ont été les premières concernées par le système européen de quotas de carbone appelé ETS (European Trading Scheme), destiné à limiter leurs émissions de CO2.

 

Élaboré en 1997 pour préparer l'Europe à l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, l'ETS vise une réduction des émissions de CO2 européennes de 8 % entre 1990 et 2012, qui sera d'ailleurs très certainement atteinte.

 

À partir d'une allocation annuelle décidée par la Commission européenne, chaque État membre répartit ses quotas d'émissions entre ses sites industriels les plus polluants. Selon qu'il dépasse le plafond ou non, le site doit acheter des quotas sur le marché du carbone, ou y revendre ses quotas excédentaires. Ce système doit inciter les industriels à investir pour améliorer leurs outils de production.

 

Si le cours de la tonne de CO2 est actuellement trop bas (17 euros en juin 2011) pour justifier des investissements importants, la plupart des industries concernées ont quand même réussi à augmenter leurs performances. Elles y sont aussi incitées par le coût croissant de l'énergie...

 

Résultat, les émissions de l'industrie française (tous secteurs confondus) ont diminué de 28 % entre 1990 et 2009.

 

Et cette tendance devrait se poursuivre puisque la troisième phase de l'ETS, de 2013 à 2020, sera plus contraignante, avec moins de quotas attribués. Mais si elle est le seul secteur aujourd'hui réglementé, l'industrie n'est pas la première responsable des émissions de CO2.

 

En France, elle en représente 20 % (en diminution de 28 % entre 1990 et 2009), les transports 26 %, en augmentation constante, et le bâtiment (résidentiel et tertiaire), 25 % (nettement moins que sa part dans la consommation d'énergie, de 43 %, grâce au nucléaire qui n'émet pas de CO2 pour le chauffage électrique).

 

Mais dans le monde, bien d'autres activités, moins souvent montrées du doigt, sont également très émettrices de CO2.

 

Ainsi, la déforestation, qu'elle soit destinée à faire de la place aux plantations de palmiers à huile en Indonésie, aux champs de cannes à sucre pour l'éthanol ou aux pâturages pour des troupeaux de plus en plus gigantesques au Brésil, est responsable à elle seule de près de 20 % des émissions mondiales. D'ailleurs, des systèmes d'incitation financière à la préservation des forêts sont à l'étude dans le cadre du protocole de Kyoto. Le processus REDD + (dégradation et déforestation évitée) prévoit ainsi de verser des compensations aux pays en développement qui contribuent par leurs actions à la réduction des émissions de CO2. Complexe à mettre en œuvre (il est difficile d'évaluer quelles auraient été les émissions sans les solutions de protection instaurées), REDD + fait l'objet de premières expériences en Asie, en Amérique latine et dans le bassin du Congo.

 

L'agriculture intensive, en raison des quantités d'engrais qu'elle utilise (dont la fabrication est très émettrice de gaz à effet de serre), et du labour qui libère le CO2 séquestré dans les sols, joue un rôle de premier plan à l'échelle mondiale. En France, c'est 19 % des émissions de CO2.

 

Quant à l'élevage, pour des raisons similaires auxquelles s'ajoutent les rejets de méthane des ruminants, il pèse 18 % des émissions mondiales...

 

Conclusion, qu'il s'agisse de se nourrir, se loger, se déplacer... nous émettons tous du CO2, bien qu'en proportion variable : un Européen a une empreinte écologique de 5 hectares, un Nord-Américain de près de 10, tandis que celle d'un Sahélien ou d'un Indien reste inférieure à 0,7.

 

Src : Dominique Pialot du 29 septembre 2011 © LA TRIBUNE

 

Publié dans ECONOMIE

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